Au revoir et merci.
Merci pour tout. Pour vos sourires qui m’ont rassurés, pour vos regards qui m’ont donnés une existence. Pour vos encouragements qui m’ont élevés, pour vos questions qui ont développées ma clarté. Pour votre accueil qui m’a ouvert le coeur, pour votre soutien qui m’a allégé. Pour vos critiques qui m’ont ouvert les yeux, pour vos louanges qui m’ont portées. Pour votre sympathie qui m’a illuminée, pour votre amour qui m’a libéré.
Je pars. « Je ne m’enfuis pas, je vole… » comme chante Michel Sardou. Quelque chose en moi ne sera plus là demain.
Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai cette impérieuse nécessité à écrire cet au revoir, car demain je serai là, Christelle sera là. Quelque chose, cependant, ne le sera plus, et ce quelque chose vous remercie du chemin parcouru ensemble, le temps d’une rencontre ou d’une amitié durable, le temps d’une collaboration ou d’un projet, le temps d’un café ou d’un voyage, le temps d’une formation ou d’un échange, le temps d’une thérapie ou d’une discussion, le temps d’une vie ou de plusieurs.
« Je ne m’enfuis pas, je pars. Je vous aime et je pars. »
Parce que j’en ai terminé ici. Ce qui a été assemblé se sépare. Une partie de moi se sépare, disparait, se dissout. Il n’est pas très utile de nommer cette partie, de la délimiter plus que cela, de l’identifier. Juste de reconnaitre qu’elle n’est plus là et lui dire au revoir, entendre ses « au revoir ».
Nous ne sommes pas un tout figé, mais l’assemblage de divers éléments. Un ou plusieurs éléments s’en vont. Soit. Merci du chemin parcouru ensemble. Ça ne sera plus pareil mais ça continuera autrement. Ce n’est qu’un changement, une adaptation, une évolution.
« Je vous aime, mais je pars…. » Vous n’avez plus besoin de moi, ce soir.
Au revoir et merci.
Au revoir et à demain, plus tout à la fait la même et pas encore totalement différente non plus.
En ce jour de nouvel an bhoutanais, je vous souhaite le meilleur, de réaliser votre plus haut potentiel, de vous libérer sans limite, de faire l’expérience de votre vie et de l’au-delà de la vie sans restriction. N’ayez pas peur de vous tromper, ne cherchez pas le seul bon chemin. Il n’y a pas de bon chemin, il n’y a que vos pas, les uns après les autres, qui vous permettent de créer le chemin, le vôtre. N’empruntez pas le chemin des autres, faites le vôtre. Dépouillez-vous encore et encore de parties de vous, jusqu’à ne plus avoir à justifier votre existence, jusqu’à ne plus avoir à justifier qui vous êtes, où vous êtes, ce que vous faites. Jusqu’à perdre des parties de vous sans attachement, sans atermoiement. Parce que c’est ainsi, impermanent. Parce que vous êtes impermanents.
Belle année. Au revoir passé, bonjour présent.

Christelle Hauteville-Chadorla
Philosophe – Formatrice & thérapeute

PS : Photo avec une dame en prière. Cette photo m’inspire par sa dévotion, sa simplicité, sa connexion, sa ferveur. C’est comme un abandon à l’impermanence, un refuge à un plus grand que soi accessible, compassionné et protecteur. Une reliance à une nature de Bouddha toujours présente quand nous dépassons notre idée de soi.