Un jour, on m’a dit « Tu n’aurais pas du écrire dans ton livre que tu avais commencé ta scolarité par un BEP. » Voilà, c’est dit ! La sagesse est réservée à une élite. Même si ensuite j’ai obtenu un Bac+5, mes débuts scolaires m’ont discriminée. C’est dans notre naissance et dans notre cursus scolaire que les meilleurs se révèlent ! Une belle croyance française et plus généralement humaine.

Dans cette phrase, j’ai entendu 3 voir 4 kleshas (afflictions racines de l’esprit) à l’œuvre :

  • l’ignorance : il y a beaucoup de sagesse chez les inadaptés scolaires et sociaux, une sagesse qui voit et ne comprend pas ce que les autres acceptent aveuglément. Ils excellent souvent dans leurs domaines de prédilection, car ils les auront choisis en conscience.
  • l’orgueil et la compétition : si les grandes réussites de ce monde incarnaient la sagesse, le monde serait meilleur, qu’en dites vous ? 
  • le désir et l’attachement : le désir de s’inspirer d’êtres aux vies exceptionnelles. Heureusement de tels êtres existent mais d’autres aux vies qui nous semblent plus communes peuvent aussi inspirer. 

Celui qui a fait l’expérience de la vie comme nous et qui a su se libérer de ses kleshas sera au contact même de ceux qui en souffrent. Il saura trouver des mots concrets, il saura comprendre ce que l’autre traverse et l’accompagner à chaque étape.

Tout est juste. Tout est complémentaire et interdépendant. La nature de Bouddha est en chacun de nous.

Ce qui m’a toujours motivée et poussée, c’est la conviction que la sagesse et l’esprit d’éveil sont en toute personne, quels que soient notre pays et notre famille de naissance, nos études et nos diplômes, notre travail, notre culture, notre niveau de vie ou notre niveau social. 

La sagesse et l’esprit d’éveil, c’est savoir utiliser notre bagage de départ comme tremplin vers la liberté intérieure.

Personne n’est disqualifié d’office.

Et vous, pensez-vous que votre vie vous disqualifie? Seuls vos pensées et votre manque de sagesse peuvent vous disqualifier.
Ne laissez personne vous dire ce à quoi vous pouvez aspirer. Ce que l’autre pense et dit n’est que le reflet de son esprit. Il parle de lui. Pas de vous. Continuez, persévérez sur votre chemin d’éveil, sans vous encombrer des limites des autres.

Christelle Hauteville-Chadorla