Nous entendons parler du monde d’après et le souhaitons vivement pour beaucoup d’entre nous, mais pour l’heure rien n’a changé. Comme si le monde d’après devait apparaitre malgré nous, sans que nous-mêmes ou nos organisations n’ayons à nous remettre en question et à réapprendre le vivre ensemble incluant tout le monde.
Je regarde les offres d’emplois et je déplore que très peu d’entre elles abordent le changement culturel pour intégrer la multiculturalité de notre société, la cohésion entre les désirs individuels et les enjeux de l’entreprise ou du collectif,
Désolée si l’approche est abrupte et caricaturale, mais les sentiments de discrimination, hurlés en ce moment, naissent souvent non pas d’intentions conscientes de la part des « supposés discriminateurs » mais par ignorance, par non prise en compte de la différence de l’autre. Mais ce n’est pas tout, dans ma culture, nous pensons que toutes nos expériences viennent de nos prédispositions intérieures. Dans cette compréhension, le sentiment de discrimination est déjà latent et n’attend que des circonstances favorables pour s’exprimer. Il ne demande qu’à se réveiller et saisir toute occasion propice.
Dans un cas comme dans l’autre, ce que je ne vois pas en l’autre ou en moi, je ne peux me sentir responsable de ne pas le respecter, de ne pas le comprendre. Au lieu de vouloir gommer, nous devrions nous y confronter, établir des règles de mieux vivre ensemble plus réelles, plus concrètes et respectueuses, plus actuelles.
En entreprise et en collectivité, ce travail peut prendre la forme de l’enseignement avec la création d’un module “Regard multi culurel” pour comprendre les différentes perceptions selon la culture, les expériences de vie, les émotions… et ce non pas de façon théorique mais par des expériences directes. Cela peut aussi passer par l’accompagnement au changement à forte dimension humaine, la formation interne pour mieux comprendre nos collègues et travailler ensemble en respect de nos différences, le coaching… Tout ce qui confronte le mieux-vivre ensemble par le respect des différences, la responsabilité individuelle et l’enrichissement collectif. Si cela vous intéresse, je suis à votre disposition.
Tout cela est possible, dans une certaine mesure. Ça ne se décrète pas, ça ne s’apprend pas seulement non plus. Ça se vit. Et cela passe d’abord par comprendre que l’autre peut percevoir et se représenter les choses, pourtant identiques au demeurant, de façon différente de nous. Et pas simplement le comprendre intellectuellement, mais en faire l’expérience concrète et en retirer des sensations et prises de conscience, seules garantes d’une mémorisation et donc d’une transformation possible. Les résultats restent évidemment dans les limites des potentiels des uns et des autres.

Christelle Hauteville-Chadorla