2- Sagesses et Cultures

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Conscience primordiale, conscience individualisée / moi, kleshas, karmas

« Notre esprit vide, clair et connaissant, est encore appelé « Potentiel de conscience primordiale ». Ce potentiel de conscience primordiale est comparable à une eau pure. Si on mêle de la terre à cette eau pure, elle devient boueuse. De façon comparable, du fait de l’ignorance fondamentale, le potentiel de conscience primordiale est réduit à un « potentiel de conscience individualisée ». Cette intervention de l’ignorance constitue le « voile de l’ignorance innée » : l’esprit ne reconnait pas sa propre nature. 

De ce fait, se forme la notion de « moi » et « autre » : le voile de la dualité, qu’on appelle aussi « ignorance déterminée » ou bien encore « voile des conditionnements latents ». L’esprit ne reconnaissant pas sa propre nature comme vide, installe à la place de ce vide (NDLR plein de potentiels) un « je », le « sujet », auquel il s’identifie ; ne reconnaissant pas les manifestations (NDLR les phénomènes gravitant autour du je) comme étant sa propre clarté, il les conçoit comme « autres », comme « objets ».

Puis, entre les 2 pôles de cette dualité moi-autres apparaissent des perturbations internes (NDLR kleshas ou afflictions racines) en premier lieu l’attraction (désir) et la répulsion (colère), automatiquement accompagnées de l’aveuglement (ignorance) qui ne reconnait pas leur nature vide. A partir de ces 3 poisons de base se développent de nombreuses ramifications, 84000 au total, qui constituent les « voiles des perturbations ».

Sous leur emprise, nous accomplissons des actes négatifs nombreux et variés formant « le voile du karma ».

« Kalou Rinpoché (ancien) – Esprit, vacuité et clarté – tiré de l’anthologie des éditions Claires lumières « La Vacuité ».

Ma double culture, française et bhoutanaise

Je suis française de naissance et d’éducation. Je suis bhoutanaise d’aspiration et de coeur. Je suis bouddhiste d’extraction et de constitution.
Ce qui m’inspire le plus, c’est l’image au fond de moi qui me porte à revenir dans mes qualités chaque fois que je m’en éloigne. Je vois une femme, âgée, ridée, un mala à la main, récitant des mantras, le regard rieur, le sourire quelque peu édenté et permanent, le coeur chaleureux, le mot bienveillant, le geste altruiste et l’esprit tellement grand que tout y est contenu. Elle doit être au Bhoutan, à n’en pas douter, en tout cas elle en a tous les attributs. Cette image me porte. Parfois, quand dans ma vie j’ai des velléités de m’investir dans des affaires mondaines comme des travaux dans la maison, je revois cette femme et je cesse, je n’ai pas besoin de mieux. Quand je me prend à faire des projets pour l’avenir, je revois cette femme et j’ouvre mon esprit pour accueillir ce qui vient. Quand je me prend à être heurté par une personne ou une situation, je revois cette femme et mon coeur s’emplit de compassion.
Cette femme n’est pas autre, c’est l’expression de ma culture bhoutanaise. Quand je la regarde avec plus d’acuité, je vois Tara, et encore au-delà Yum Chenmo, la perfection de la sagesse. Voilà ce qui m’inspire, voilà ce qui me tire. Voilà mes représentations, sans ostentation. Je les accepte maintenant que je les connais. Je ne suis pas elles, elles ne sont pas moi. Elles agissent à travers moi. Elles sont là, constamment, à orienter ma vie.
Dans cette culture bhoutanaise, c’est la sagesse bouddhiste qui m’habite particulièrement. Parce que c’est ma nature profonde, c’est ce qui m’agit, c’est l’origine de tous mes actes vertueux et c’est ce qui a été le moteur de toutes mes actions bénéfiques et de ma vision de la vie. C’est également la vue et la perspective que j’ai au plus profond de mon être.  Etre de culture bouddhiste et bhoutanaise, comme j’aime à le dire, c’est reconnaitre au fond de soi les enseignements de Bouddha et consacrer sa vie à les appliquer. Ici religion, culture, sagesse, éducation, éthique, vertu… tout cela fait partie de la même sphère : l’art de la paix.
Etre de cette culture, c’est être un homme ou une femme de l’intérieur. En tibétain, cela se dit Nangpa. C’est la certitude que tout se joue en nous. Nous vivons en introspection, quitte à nous éloigner du monde, totalement ou partiellement. Pour ma part partiellement, car j’ai toujours conduit mon chemin en parallèle en cherchant à appliquer cette sagesse dans ma vie, à tous les niveaux, aussi bien dans ma vie intérieure que dans ma vie extérieure. Je n’y arrive pas toujours, loin s’en faut, mais je m’applique et persévère.
Et nous voilà au premier mot clé de ma vie : sagesse(1). C’est la sagesse qui m’aspire et m’inspire sur cette voie. Je n’ai qu’un seul juge, la sagesse. Je n’ai qu’un seul maitre, le maitre intérieur.
Mon deuxième mot clé est : libération.
Et mon tout forme mon troisième mot clé : liberté intérieure.
Voilà ce qui m’anime. Voilà ce qui constitue la base de ma conscience, et au-delà. Voilà ce qui est à l’origine de l’assemblage nommé dans cette vie Christelle. Et bien d’autres choses, mais le reste est une autre histoire, plus rocambolesque et périlleuse, que vous pouvez lire dans d’autres posts, sur d’autres pages, sur d’autres sites.
Ceci est ma profession de foi, tout en étant ma nature profonde, tout en étant mon aspiration.
Et vous, quelle est votre profession de foi ? Qu’est-ce qui vous anime ? Qu’est-ce qui vous agit ?

Christelle Hauteville-Chadorla

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(1)  La sagesse allie éthique, conscience globalisée des autres et de soi, authenticité, connaissances profondes, discernement, raison & intuition, sens du vertueux et perspective libératrice des carcans et du conformisme. Christelle Hauteville-Chadorla

L’éveil est en nous

« On voit trop souvent dans l’Illumination un nouvel état de conscience réalisé, comme s’il s’agissait d’un objet à obtenir, de quelque chose qu’il faut s’efforcer d’acquérir et qui est situé en dehors de nous-mêmes. Mais le Bouddha avait compris que le vrai problème était son esprit d’emprise qui lui avait fait mettre la réalité sens dessus dessous. Après avoir passé des années à tenter de contrôler son esprit et à nier les besoins les plus fondamentaux de son corps, il a décidé de cesser d’essayer d’accéder à l’illumination. Il se contenterait de s’asseoir pour sonder l’intérieur de son propre esprit, cherchant ainsi à définir ce qu’il pourrait apprendre en observant directement son expérience à l’instant présent. C’est ce qu’il a fait sous l’arbre Bodhi. Ce qu’il a découvert, c’est que notre véritable nature est déjà éveillée, déjà parfaite en soi ; et que ce qu’il avait cherché initialement à atteindre était déjà en lui. »
Mingyour Rinpotché « Pour l’amour du monde ».

Perceptions, karma et pleine conscience

Nos perceptions sont ainsi faites que nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, mais passées à travers des filtres de croyances, de sensations, de perceptions, de cultures, de limites, etc. Ces filtres sont construits par le karma, à l’origine de notre constitution physique, émotionnelle, psychologique et spirituelle.
Le plan karmique est donc la source de nos illusions et de notre manque de conscience tout comme il est le réceptacle des nouvelles tendances que nous créons et renforçons à chacune de nos actions, de nos paroles et de nos pensées / intentions.
Sans karma, le dessin (en bas du texte) serait perçu pour ce qu’il est, dans toutes ses dimensions. Selon le plan de conscience, la perception varie :

  • sur un plan ordinaire : une jeune fille ou une vieille dame selon le côté du cerveau qui s’anime à son contact
  • sur un plan conscient, une jeune fille et une vieille dame selon le côté du cerveau que nous activons consciemment pour  nous permettre d’accéder aux différents aspects de la même chose
  • sur un plan karmique, ce dessin est révélateur de nos tendances : nous voyons une vieille dame acariâtre si la colère a imprégné notre conscience, une jeune femme distinguée de la haute société si l’orgueil prédomine, une vieille femme pauvre et triste si l’insatisfaction et le manque prédominent, rien de précis si la confusion et l’opacité mentale se sont installées… Les interprétations sont illimitées, autant que les facteurs karmiques sont variés.
  • sur un plan non duel, ce dessin est le résultat de la combinaison d’une feuille, d’un crayon mine, de l’intention du dessinateur et des lecteurs ; avec aussi l’arbre qui a donné la feuille, l’eau, le vent et la terre qui ont nourris l’arbre, le ciel et l’espace qui donne un contenant à tout cela… et tout ce qui est intervenu dans la chaine de composition de ce dessin et dans les perceptions de ceux qui regardent. Sur ce plan non duel, nous percevons le jeu des causes et conséquences.

Ce mode de fonctionnement s’applique à tout ce que nous percevons, donc à tout ce avec quoi nous entrons en contact : le monde, la vie, l’idée de soi, la matière, le divin, les autres… Quelque soit la perception que nous nous en fassions, ce n’est pas une vérité absolue, une réalité fixe, tangible, ce n’est que l’expression de nos tendances karmiques.
Dans cette compréhension, c’est en déposant notre conscience sur nos perceptions que nous ferons grandir notre compréhension de l’illusion toujours à l’oeuvre, de la non fixité de toute chose et donc du potentiel de changement illimité que nous avons en nous.
Concrètement, nous observons comment intérieurement nos perceptions s’élèvent, sur quelles croyances, peurs, illusions et connaissances limitées elles se basent pour prendre telles ou telles formes, agréables ou désagréables. Cette observation bannit tout jugement. Observer et garder la neutralité pour ne plus être emportés par nos jugements ou autrement dit par les hypothèses que nous posons sur chaque chose. Alors la clarté pourra grandir. Cette clarté permet de voir distinctement ce qui se joue en nous : sensations, émotions, perceptions, réactions. Dans cette vision claire, que nous pouvons appeler aussi pleine conscience ouverte et non duelle, nous pouvons décider de changer nos réactions, nos paroles, nos intentions pour un meilleur, vers moins de souffrance et plus de joie, de bien-être et ultimement de liberté intérieure.
Il faut bien comprendre que remettre de la conscience et de la clarté demande persévérance et investissement, apprentissage et expérimentation, réflexion et méditation, avancées et stagnations, découvertes et prises de consciences. C’est un travail de moyen ou long cours, selon votre perspective d’évolution, votre situation actuelle, votre potentiel, votre persévérance dans l’application des antidotes et votre confiance dans le processus complet.

Christelle Hauteville-Chadorla
www.harmoniecroissance.com

Jardiner son âme

Regardons notre vie comme notre jardin.

D’abord, regardons l’aspect général : le trouvons-nous joli ? Sommes-nous heureux de nous y promener ? Avons-nous déjà vu ailleurs des jardins dans lesquels nous aurions aimé nous asseoir, nous poser, vivre ? Notre jardin, tel qu’il est aujourd’hui, est-il achevé ? Ou bien pouvons-nous le compléter, l’embellir, le magnifier ? Nous pouvons le laisser aux mains de la nature, le vent, la pluie et le soleil se chargeant d’y faire pousser des plantes sauvages et des mauvaises herbes qui finissent par tout envahir. Ou nous pouvons y cultiver les plantes et les légumes que nous aimons, supprimer les mauvaises herbes, le protéger des orages et l’arroser. Il en est de même pour notre âme. Nous pouvons laisser les perturbations et les émotions négatives envahir notre espace, nourries par nos tendances habituelles comme la colère, la jalousie et la peur, quitte à ne plus rien maîtriser et laisser ces tendances dominer notre vie. Ou nous pouvons regarder comment notre nature fonctionne, comment les perturbations, les émotions négatives émergent dans notre âme et comment nous pouvons les arrêter et les déraciner pour faire grandir notre bonheur.

Si nous décidons de redevenir le capitaine de notre âme, nous allons observer notre terrain, comme le ferait le jardinier : est-il rocailleux, suffisamment irrigué ? Y pousse-t-il des mauvaises herbes, et si oui, lesquelles ? Quel type de plantes pourrions-nous y cultiver ? Et surtout, quel jardin souhaiterions-nous obtenir ? Une fois un état des lieux réalisé, nous allons revoir nos fondamentaux, apprendre les techniques qui nous manquent, chercher les graines souhaitées et les désherbants qui ne nuiront pas à nos nouvelles plantes. Nous regarderons chaque jour le temps qu’il fait et l’état de notre jardin, pour lui apporter les meilleurs soins en fonction des événements climatiques.

Pour notre âme, faisons de même. De quoi est-elle faite ? Quelles sont les perturbations à déraciner ? Que reproduisons-nous encore qui nous rend malheureux ? Quelles forces et qualités planter et faire croître ? Que développer pour être heureux ?

En faisant l’état des lieux de mon âme, j’ai vu des pensées de colère qui déformaient la réalité et me rendaient de plus en plus malheureuse.
J’ai compris que ma vérité n’était pas la Vérité et qu’il y avait plusieurs vérités.
J’ai vu le modèle du monde dans lequel j’évoluais et j’ai décidé de m’ouvrir à d’autres mondes.
Alors j’ai changé ma vie en changeant mes pensées.
J’ai bien sûr rencontré des obstacles, mais si jen’avais rien tenté, ils auraient été plus forts et seraient encore là.
Je me suis appuyée sur mes forces et mes qualités pour dépasser ces obstacles et cheminer vers le bonheur. Je les ai développées.
Je suis allée chercher de nouvelles connaissances qui m’ont donné les clés d’accès à de nouveaux mondes.
J’ai réalisé que croire en mon bonheur était primordial, la condition même du bonheur.
Grâce à tout ce cheminement, ma vie maintenant n’est plus celle d’avant, je suis désormais heureuse.
Pourquoi suis-je heureuse ? Parce que j’ai arrêté d’avoir mal.
Les choses n’ont pas changé, c’est moi qui ai changé.
J’ai jardiné mon âme, jour après jour, et j’ai changé ma vie ».

Extrait du livre « Le bonheur d’avoir tort », Christelle Hauteville-Chadorla

Différence entre vies antérieures et karmas

Quelles DIFFERENCES entre KARMA et VIES ANTERIEURES  ?
Pourquoi est-ce qu’il est plus important de voir nos intentions, nos tendances, tout ce qui influence nos actions, que simplement nos actes ?
Pourquoi cette thérapie est-elle basée sur l’hypnose et le questionnement pour faire émerger vos croyances, intentions, volontés à l’origine de vos actes ?
Pourquoi est-il nécessaire de développer notre conscience de tout cela, en nous, pour ne pas refaire, pour arrêter le cycle permanent de nos pensées et de nos injonctions intérieures et éviter de récréer plus tard, par ignorance ?

Je réponds à cela dans cet article.

Une fleur est-elle la graine ? Non, bien sûr. Et pourtant l’une n’existe pas sans l’autre. La fleur est la manifestation vivante de la graine. La graine porte en elle l’intention de vie, l’essence de la fleur. Mais si cette graine ne rencontre pas des conditions favorables telles qu’un sol fertile, du soleil, de l’eau, la fleur ne se manifestera pas. Par contre quand ces conditions sont réunies, la fleur germe, éclos, se fane et finit par disparaître après avoir semé une autre graine de même nature. L’année suivante, une nouvelle fleur germera de cette graine. Est-ce la même fleur ? Non. Est-elle totalement autre chose ? Non plus. Elle est la continuité.

Karmas et vies antérieures s’enchainent de la même manière. Les karmas sont les graines, les intentions semées à chacune de nos paroles, actions, pensées. Les vies, les êtres sont les manifestations résultants de ces intentions, de ces karmas. Karmas et intentions sont à l’origine des milliards de vies et ils leurs donnent des formes particulières, des conditions favorables ou défavorables, des croyances et formes de compréhension, des potentiels uniques, des qualités actives ou en sommeil, des lieux de vie riches ou asséchés, en paix ou en guerre…

Pour travailler sur nos karmas et transformer la structure fondamentale, nous devons donc voir au-delà de nos vies antérieures pour aller dans les intentions des personnages de ces vies. Voir nos vies antérieures peut être bénéfique et apporter un apaisement immédiat, même une guérison physique ou mentale dans cette vie, sauf si l’égo rattrape ce qu’il a vu pour se raconter encore plus son histoire et c’est souvent le cas. L’égo se consolide, car il rattrape tout pour justifier son existence. Voir les karmas ne participe pas de l’histoire que l’on raconte sur soi, de nos malheurs et de nos bonheurs, de qui nous avons été et de ce que nous avons fait. Voir les karmas, c’est prendre conscience de nos intentions, de pourquoi des choses ont été faite. Il s’agit de déconstruire un mode fonctionnement pour ne plus faire la même chose, pour ne plus avoir les mêmes intentions, tendances inconscientes, impulsions, pour faire d’autres choix. C’est ainsi que nous sortons d’un cycle.

Nous pourrions prendre une autre analogie. Les fleurs, plantes, mauvaises herbes… sont comme les vies, ce sont les manifestations. Les graines, elles, sont les intentions semées. Elles créent du devenir, quelque chose qui va advenir. Si nous arrachons toutes les mauvaises herbes du jardin, les graines déjà semées et à l’état latent demeurent. A nouveau, de mauvaises herbes pousseront quand les conditions seront propices (eau, soleil, terre fertile…). Il en va de même pour notre esprit. Une libération profonde doit nettoyer le terrain en profondeur pour en retirer les graines. Et cela se fait en voyant nos intentions et les transformant.

Pour cela, pour transformer les tendances karmiques à l’origine de notre constitution fondamentale, nous entrons à l’intérieur des motivations profondes qui nous poussent à agir, parler, penser : comment la colère ou la compétition s’est-elle installée dans notre continuum de conscience pour subir une rétribution karmique de répression par exemple ; comment l’avidité ou la perte de la générosité nous ont menées à vivre la famine ; comment l’orgueil et le chérissement de soi nous conduisent dans des vies où les relations sont vides, où nous nous sentons seuls et mal aimés ; comment le désir nous mène à l’insatisfaction permanente et finit par nous ôter toute possibilité de paix intérieure. En somme, comment nous avons laissé des émotions perturbatrices voiler, réduire les qualités naturelles de l’esprit telles que l’amour, la générosité, la compassion, la joie, la vigilance, la sagesse, le contentement…

Il existe 2 chemins pour modifier structurellement notre karma. La voie extérieure et la voie intérieure.
-> La voie extérieure : changer d’environnement pour mettre en action la force d’adaptation naturelle qui modifie l’ADN du vivant en allant dans un environnement de paix, cessant les relations toxiques pour en nouer d’autres avec des êtres bienveillants, développant notre sagesse, nos connaissances et écoutant des enseignements profonds, pratiquant des activités éthiques…
-> La voie intérieure : changer notre monde intérieur en pratiquant l’introspection avec la méditation Vipassana (la vision pénétrante), pour voir émerger nos pensées et intentions, puis demeurer avec. La conscience dépose alors naturellement un médicament que nous pouvons appeler « prise de conscience », et une force de transformation s’active. Quand la conscience sait, elle transforme. Il y a purification et élévation de notre niveau de conscience.
Voir et ressentir en profondeur nos impulsions et émotions perturbatrices, c’est comprendre et réaliser ce que nous semons. Nous pouvons alors choisir de semer autre chose, voire cesser de semer.
Ces 2 voies, extérieure et intérieure, sont complémentaires.

Christelle Hauteville-Chadorla
www.harmoniecroissance.com

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En lire plus :
– Karma et transformation de soi
– La roue du Samsara, des renaissances dans nos mondes de souffrance
– Vipassana, changer par l’observation de soi
– Changer de paradigme, ouvrir sa conscience à une représentation karmique

Ce qui nous empêche d’être un Bouddha

Si nous pouvions aller au-delà de nos pensées, de nos illusions, de nos croyances en un soi séparé, en notre essence, là, maintenant, alors il n’y aurait plus rien à faire, plus besoin de pratiques. Cependant, nous continuons à croire en nous, en notre existence séparée, en nos souffrances, en nos problèmes, en nos joies temporaires, en nos idées, en nos croyances dont nous souffrons qu’elles ne soient pas partagées et qu’elles ne nous amènent pas au bonheur immédiat. Mais tout cela ne peut nous amener au bonheur immédiat, car tout cela, c’est notre malheur, c’est notre mal être, nos souffrances, nos émotions négatives. C’est en comprenant qu’il n’y a pas de solution à l’intérieur mais au-delà que la libération réelle peut advenir.
Christelle Hauteville-Chadorla

« Vous êtes le Bouddha. Alors pourquoi ne le voyez vous pas? Pourquoi ne le savez vous pas? Parce qu’il y a un voile qui l’empêche, l’attachement aux apparences, la croyance que vous n’êtes pas un Bouddha, que vous êtes quelqu’un de séparé. Si vous ne pouvez retirer ce voile complètement en une fois, vous devez donc le dissoudre petit à petit. C’est parce que nous avons fait ce qui est simple si compliqué, et ce qui est proche si distant, que les exercices compliqués, les mandalas, la méditation tantrique, la création d’images mentales, le yoga etc, sont nécessaires afin de reconnaître tous les aspects de cette barrière entre nous mêmes et la vérité. Mais pour quelqu’un qui saurait que « la vérité » est si proche et si simple, toutes ces techniques, qui sont l’héritage du Bouddhisme tantrique et pour lesquelles il est si connu, seraient complètement inutiles.  » Kalou Rinpoché – Pour le bénéfice de tous les êtres.

Tendances habituelles et Samskaras. De quoi nous libérons-nous réellement ?

Quand nous parlons de libération karmique ou karmathérapie, nous parlons de nous  libérer de tendances habituelles négatives (samskaras en sanskrit), à la base même de notre constitution mentale et émotionnelle, à la base même de notre karma. Le karma est la résultante de la loi de causes à effets, loi naturelle régissant ce monde. Toute action posée engendre des conséquences, comme des graines semées qui germeront à plus ou moins longue échéance.  Ces conséquences sont identiques à la cause. Une graine de sésame ne peut donner un germe de riz, mais forcément du sésame. Quand nous émettons des pensées, des paroles et des actions sous l’influence de tendances à l’insatisfaction, au dédain, à la colère ou à la joie, au contentement, à la compassion, nous semons des graines, des karmas identiques.

Le karma est à la base de notre vie, de nos conditions, de nos facultés intellectuelles et cognitives, de nos émotions, de nos obstacles ou facilités, de notre constitution physique robuste ou chétive. Si nous rencontrons des personnes malveillantes ou bienveillantes, si nous avons des facilités à réfléchir et apprendre ou au contraire si nous nous excluons de l’apprentissage, si nous avons confiance en nous et en la vie ou si nous nous dénigrons, n’avons pas d’estime de nous-même, si nous percevons autrui comme un danger et nous en protégeons ou si nous sommes sociables et coopératifs, si nous jugeons autrui et nous-mêmes selon des critères de réussites individuelles ou si nous orientons notre regard vers les qualités de contentement et de coopération… tout cela est l’expression de nos tendances habituelles, de nos samskaras. Le karma, ce sont les pensées, paroles et actions générées sous l’effet de ces tendances ainsi que les conséquences en découlant.

Nous libérer de nos samskaras, de nos tendances habituelles, les transformer est un appel auquel nous répondons. Cet appel correspond à un besoin fondamental de travailler sur soi en profondeur. Si tout ce que vous avez fait jusqu’à présent, sur votre chemin spirituel ou de développement personnel, vous apparaît comme limité et ne vous a pas permis d’atteindre la profondeur que vous savez trouver en vous, la karmathérapie et la libération karmique sont une voie que vous pouvez explorer, car vous êtes prêts pour aller plus loin, plus subtil, plus profond. Ce n’est pas un chemin de bien-être et encore moins de développement personnel. C’est un chemin qui requiert patience, sagesse, introspection, acceptation de nos imperfections et de notre entière responsabilité sur ce qui nous arrive. Ici, tout vient de nous et de notre karma. Nous ne pouvons plus chercher les causes ailleurs qu’en nous et devons prendre le temps de comprendre, réaliser les tendances qui nous ont menées à créer de tels karmas. Bien accompagné, bien guidé et si nous prenons le temps de nous libérer karma après karma, prise de conscience après prise de conscience, changement après changement, la karmathérapie est un chemin de croissance spirituelle. Comme un jardin, notre esprit demande d’être cultivé jour après jour, avec des périodes de plantation, de culture, d’enlèvement des mauvaises herbes, de croissance, de récolte puis de jachère pour mieux semer ensuite et assurer une nouvelle croissance et de nouvelles récoltes.

La libération karmique consiste donc à nous libérer de nos tendances de fonds non bénéfiques, qui nous amènent à poser des comportements inappropriés, dans le sens où ils génèrent du karma négatif, des conséquences non bénéfiques comme nos souffrances actuelles, nos peurs, nos zones d’ombres, nos relations difficiles, notre filiation, nos limites, nos obstacles… La karmathérapie ne vise pas les symptômes, mais les causes de notre mal-être dans cette vie, dans une compréhension plus large du cycle des renaissances.

-> Lire l’exemple de libération karmique de Nicole qui vient me voir car elle se voit disparaître, physiquement mais également son « Moi » quand elle est dans un groupe, quand les gens deviennent trop proches. A l’origine ? La perte de la générosité, du sens de l’autre et du don. La libération karmique détaillée dans cet article montre tout un enchainement de karmas et de tendances amenant à cette sensation insupportable de disparaître. Lire l’article.

 

Christelle Hauteville-Chadorla
Karmathérapeute
www.harmoniecroissance.com

 

La roue du Samsara, des renaissances dans nos mondes de souffrance

Enseignements à la base de la karmathérapie et de la libération karmique

Comprendre notre mode de fonctionnement : les 12 facteurs interdépendants
 et le cycle des renaissances

(D’après des enseignements de Tai Sitou Rinpoché et de Khandro Rinpoché sur la base du Mahayana décrit dans 50 des 100 volumes du Kangyour.)

Voici une représentation du fonctionnement de notre esprit, de nos facteurs mentaux et tendances habituelles : la Roue de la vie ou la Roue du possible (cycle de renaissance / Samsara). Cette roue de la vie est enseignée par les Maîtres Bouddhistes depuis des siècles et est considéré comme un enseignement primordial : si vous réalisez ces enseignements, vous ne pouvez que vous mettre en action vers votre libération.

  1. Nos perturbations de base
  2. Les 12 liens interdépendants nous amenant à reproduire nos comportements (et renaitre)
  3. Les mondes dans lesquels nous renaissons (y compris mondes mentaux)

Qu’est-ce qui nous pousse à penser et agir de telle ou telle manière ? Pourquoi certains sont plus en colère, plus bienveillants, plus avares, plus généreux, plus compétitifs, plus érudits que d’autres ? Pourquoi est-ce difficile de changer nos tendances habituelles et d’installer de nouvelles habitudes ? Comment faire ?

Il y a 3 plans représentés sur cette Roue de la vie.

 

  • Nos perturbations de base

Au centre de la roue, sur son moyeu, sont représentées les perturbations (kleishas) à la base de toutes nos difficultés, de toutes nos souffrances. Un cochon illustre notre manque de conscience (méconnaissance ou ignorance de base) qui est la cause à la fois de notre désir / attachement (coq) et de notre aversion / colère (serpent). Le désir / attachement nous pousse à chercher constamment autre chose pour satisfaire nos sens, sans répit. L’aversion nous  pousse à chercher et mettre en œuvre les moyens pour nous séparer de ce que nous n’aimons pas. Nous nous attachons à ce que nous aimons, rejetons ce que nous n’aimons pas et ignorons ce qui nous est indifférent. Nous souffrons quand nous perdons ou n’obtenons pas ce que l’on aime. Nous souffrons quand nous n’arrivons pas à nous séparer de ce que nous n’aimons pas. Et notre vie est un va et vient incessant entre je veux et je ne veux pas, j’aime et je n’aime pas.

3 autres perturbations de base sont ajoutées dans d’autres représentation : la jalousie, l’avidité et l’orgueil.

 

  1. Les 12 liens interdépendants nous amenant à reproduire nos comportements

Sur le pourtour de la roue de la vie sont représentés les 12 nidanas, les 12 facteurs d’interdépendance à la base de nos états mentaux et de nos processus de pensées.

Nous tournons en boucle, l’avez-vous constaté ? Nous reproduisons les mêmes comportements, les mêmes schémas de pensées, les mêmes croyances.

Les cycles récurrents qui jalonnent notre vie se décomposent en 12 facteurs interdépendants. Chaque facteur, chaque lien est la conséquence du précédent et la cause du suivant.

Que nous regardions comment nous nous mettons en colère, comment nous tombons amoureux ou comment nous mourons et renaissons, la compréhension de ces 12 liens va nous aider à voir juste, à parler juste, à agir juste, à penser juste.

 

  • Telle une vieille femme aveugle usant d’un bâton pour avancer, nous avançons dans l’obscurité de l’ignorance. Nos perturbations nous amènent à avoir une perception erronée de la réalité, tout comme le bâton ne permet à la vieille dame de n’avoir qu’une perception insuffisante du terrain sur lequel elle cherche à avancer. L’ignorance se décompose en deux aspects avec d’abord l’ignorance causale. Nous ignorons que chaque cause engendre des conséquences donc que chaque acte engendrent des conséquences. Nous ignorons aussi quels actes engendrent quelles conséquences. Aussi nous agissons en permanence inconscients de ce que nous sommes en train de générer. L’autre aspect de l’ignorance est celle de la saisie erronée d’un MOI et c’est la plus importante. Elle conditionne tous nos actes et fait naître la dualité, la notion de l’autre. Moi se distingue de l’autre. Moi se préoccupe de moi et va protéger le Je, au détriment des autres.

 

  • Tel un potier modelant un pot, nos facteurs conditionnant (facteurs karmiques) vont modeler tout ce qui entre en contact avec nos sens. Nous ne percevons pas le monde tel qu’il est, mais tel que nous sommes. Nos facteurs conditionnant ou formations karmiques, sont les empreintes qu’ont laissés dans notre esprit nos actes. Si nous nous mettons souvent en colère, notre esprit garde l’empreinte de la colère et modèle tout ce qui survient sous son influence. De même si nous avons développé l’amour. Tout sera influencé par l’amour. Et cela aussi bien en entrant (ce que nous percevons est teinté par l’amour) qu’en sortant (ce que nous émettons – actions, pensées- est teinté par l’amour). Ce maillon est ce qui amène à la création de notre vie, de notre monde et ultimement de tous les mondes de souffrance.

 

  • Ce qui fait passer d’une vie à l’autre (d’un instant à l’autre), sous l’emprise de la saisie dualiste, est un phénomène composé*** qui va créer les consciences. Tel un singe sauteur, nous nous dispersons pour passer d’un objet perçu par nos sens à un autre objet perçu. Nous avons 6 consciences : visuelle, auditive, olfactive, gustative, kinesthésique et mentale. Ces consciences sont modelées par le maillon précédant, les facteurs conditionnant. Ce sont les empreintes laissées dans notre esprit par nos actes qui les ont façonnées. Si nous développons l’écoute attentive et la pratique de la musique, notre conscience auditive en sera imprégnée et nous obtiendrons ultimement, en renaissance, l’oreille absolue. Il en va de même pour les 6 consciences des sens. Si nous pratiquons l’amour et la compassion, notre conscience mentale en sera modelée et nous serons des êtres compatissants dans nos prochaines renaissances.

 

  • Tel un bateau que deux hommes se partagent, nous avançons dans l’existence, et d’une existence à l’autre, en nommant tout, ce qui matérialise,  met en forme : c’est le nom* et la forme, le début de l’existence du nouvel être**. L’ignorance crée les perturbations qui nous amènent à faire des actes qui ont pour résultat notre corps actuel. Notre corps actuel est donc le résultat de nos actes passés et de notre ignorance. Si nous sommes en bonne santé et que nous avons les sens aiguisés, c’est le résultat de karma positif et inverse pour les corps malades. Exemple : Je suis en surpoids, c’est dû à un problème de balance entre la langue, le goût et la conscience qui perçoit le goût, les 3 n’étant pas en harmonie. C’est pareil pour la conscience visuelle car si les formes ne sont pas équilibrées ou harmonieuses, nous verrons mal. C’est pareil pour les odeurs ou les concepts mentaux. Il faut reconnaître tous ces aspects de nature car ils constituent notre corps.

 

  • Naître et croître ou Les 6 bases de connaissance (facultés sensorielles). Ces 6 facultés sont la continuation du développement de l’individu qui a pris renaissance (n’oublions pas que nous renaissons d’instant en instant), sa croissance conditionnées par les 6 consciences et les 6 objets de ces consciences. Les 6 consciences  dépendent de la conscience mentale qui provient de l’ignorance qui est la non reconnaissance de la sagesse primordiale. Telle cette maison à 6 fenêtres, notre corps a 6 ouvertures sur l’extérieur et perçoit le monde à travers elles. Nous sommes enclins à accorder de l’importance, via ces 6 consciences, aux objets extérieurs que nous percevons et à vivre ainsi constamment sous l’emprise des objets extérieurs. Si nous laissons croître en nous laissant porté par nos sens et leurs consciences, nous reproduisons encore et encore les mêmes comportements, les mêmes vies voir encore plus de ces vies là et plus de ces comportements là.

 

  • Telle l’union d’un homme et d’une femme, la réunion d’un objet, d’un sens et d’une conscience enregistre un phénomène : c’est le contact. Exemple : une forme extérieure, la faculté sensorielle de l’œil et la conscience visuelle : il y a perception d’une forme.

 

  • Telle une flèche dans l’œil, le contact engendre une sensation : agréable, désagréable ou neutre. Ce qui est expérimenté, ce sont des karmas portés à maturité. Chacune des sensations est le résultat d’un karma : sensation agréable pour un karma positif, sensation désagréable pour un karma négatif, sensation neutre pour un karma neutre. Une sensation plaisante, déplaisante ou neutre n’existe pas indépendamment de ses causes, le karma. Il n’y a pas de sensation plaisante sans karma positif, pas de sensation déplaisante sans karma négatif. Nos sensations sont donc le fruit de nos actes. Les sensations neutres sont le fruit d’un karma neutre, lui même la conséquence d’actions neutres. Il ne faut pas confondre les actes neutres avec les actes spontanés et sans effort d’un être éveillé qui ne connaît pas la neutralité ni l’indifférence. Les actes neutres sont des actes passifs, inclassables en positifs ou négatifs comme se prélasser au soleil. Ils entrainent des sensations passives d’indifférence, de non prise en compte.

 

  • Tel un homme qui boit pour étancher sa soif, nous désirons et avons envie de saisir. Cette envie de saisir très forte va amener à vouloir prendre naissance ou à saisir l’objet du désir pour reproduire une sensation. Tel l’alcool qui n’étanche pas la soif, les désirs appellent d’autres désirs.

 

  • Tel un singe cueillant les fruits dans l’arbre, nous saisissons l’objet de notre désir. Si notre saisie est forte, nous allons renaître dans un des 6 mondes de souffrance et de ce fait avoir tous les résultats des karmas positifs ou négatifs du passé. Nous nous attachons aux objets nous procurant des sensations agréables tout comme nous souhaitons nous séparer des objets nous procurant des sensations désagréables et ne pas voir disparaître les sensations neutres.

 

  • Telle une femme enceinte, cette saisie nous entraine à nous créer du devenir (ou la possibilité d’existence dans le domaine du possible) et à errer dans les mondes de souffrance (Samsara). La saisie est tel un karma introducteur pour une renaissance. Même si le samsara n’a pas d’existence propre, il est comme une illusion et interdépendant, c’est toujours du domaine du possible. La roue de la vie, en tibétain se nomme SIPAKORLO, la roue du possible.

 

  • Telle une femme accouchant, nous reprenons naissance, dans cette vie ou une autre.

 

  • Tel un vieillard portant son fardeau pour gravir la montagne, notre corps (agrégats** de la forme) subit la maladie, vieillit et meurt (ainsi que tous les phénomènes matériels composés – physiques). Le processus de vieillissement est un processus de changement. Les agrégats changent mais pas l’esprit. Pour ce qui est de la mort, lorsque les causes et conditions et leur réunion cessent, elle survient. Lorsque ce continuum s’arrête, on appelle cela la mort. L’esprit lui par contre ne meurt pas. Seul le corps meurt. Lorsque l’on a compris l’interdépendance à partir du moment où l’on naît, on va naturellement vieillir et mourir. Personne ne nait sans mourir et personne ne meurt sans naitre. La mort n’est pas la fin car il y a renaissance.

 

En déroulant ces 12 liens interdépendants dans l’autre sens, nous obtenons : il n’y a pas de mort sans naissance et pas de naissance sans devenir. Il n’y a pas non plus de devenir sans saisie, ni de saisie sans envie de saisir, ni d’envie de saisir sans sensation, ni sensation sans contact, ni contact sans les 6 sens, ni 6 sens sans le nom et la forme. Lorsque l’on a purifié le nom et la forme, on va pouvoir purifier les consciences puis les phénomènes composés*** puis l’ignorance et alors la sagesse primordiale se manifeste et est réalisée.

 

3- Les mondes dans lesquels nous renaissons (y compris mondes mentaux)

 

A l’intérieur de la roue, entourant les 3 perturbations de base (kleishas), sont illustrés les 6 mondes dans lesquels nous naviguons, renaissons d’instant en instant. Dans notre propos ici, il faut voir ces mondes comme nos mondes mentaux, les mondes dans lesquels nous nous mouvons, nous vivons. Ultimement, ce sont des mondes dans lesquels nous renaissons de vie en vie, passant de l’un à l’autre en fonction des perturbations les plus fortes chez nous au moment de la mort. Nos perturbations vont conditionner nos renaissances.

 

Prenons le monde le plus difficile pour arriver vers le monde le plus agréable. Mais sachez que nous passons d’un monde à l’autre non pas de façon linéaire mais plutôt tels des sauts de puce. Nous pouvons à tout moment nous installer dans un de ces mondes en fonction des perturbations que nous avons en nous, de nos agissements, de nos pensées. Nous pouvons, en une minute, voyager dans les 6 mondes.

 

Le monde des enfers est celui où nous vivons quand nous sommes en colère, que nous développons de l’aversion et de la haine. Nous percevons les situations et autrui comme dangereux, malveillants. Nous devons maîtriser pour ne pas être malmenés ou détruits. Notre souffrance est latente dans toute situation, permanente et nous porte à nous protéger de tout car nous pensons que nous protéger est la seule défense. Mieux, l’attaque nous permet de prendre de l’avance. Sauf que nous prenons de l’avance pour souffrir plus vite et plus fort.

L’antidote à la colère est la patience. Cette patience va nous amener à purifier le monde infernal.

 

Le monde des fantômes affamés (Prêtas) est celui où nous vivons quand nous sommes avides, avares, que nous sommes continuellement insatisfaits de ce que nous avons. Nous pouvons même souffrir de ce que nous possédons. L’autre est perçu comme incapable de nous donner ce dont nous avons besoin. Nous ressentons un manque constant de quelque chose ou, à l’inverse, une sensation de trop qui nous amène à rejeter et éloigner ce qui nous entoure. Notre souffrance oscille en trop et pas assez. Nous cherchons l’opulence, ce qui brille sans être jamais satisfait ou nous cherchons à vivre dans le dénuement, sans être plus satisfait.

L’antidote à l’avidité est la générosité. Cette générosité va nous amener à purifier le monde des fantômes affamés.

 

Le monde des animaux est celui où nous vivons quand nous sommes sous l’effet de l’ignorance, du manque de connaissance. Nous agissons stupidement, par réflexe, sans analyse ni sagesse.  Nous sommes sous la coupe de notre environnement, dépendant de lui pour vivre voir survivre. Nous avons peur pour nos moyens de subsistance, ce qui nous pousse à être timoré. Ou à l’inverse nous nous voyons comme le roi des animaux et développons l’instinct des prédateurs. Nous nous considérons comme peu enclin à développer des connaissances ou à l’inverse nous cherchons la connaissance comme moyen ultime de survie. Cela tourne toujours autour de nos capacités à appréhender le monde environnant et à y survivre. Mais notre manque d’ouverture va figer nos connaissances que nous allons ériger en vérité absolue et vouloir imposer aux autres. Nous manquons de souplesse et d’ouverture. Nos connaissances finissent par nous enfermer.

L’antidote à l’ignorance est la sagesse. La sagesse va nous amener à purifier le monde de la stupidité.

 

Le monde des humains est celui où nous vivons quand nous sommes sous l’effet du désir et de l’attachement. Nous cherchons à obtenir ce qui nous attire et nous plaît et nous nous y attachons. Cependant, du fait que tout est impermanent, ce qui nous a donné satisfaction disparaît. Nous nous mettons en quête d’autre chose pour retrouver cet état de plaisir. Nous souffrons quand nous n’obtenons pas ce que nous voulons. Nous souffrons quand nous perdons ce que nous aimons, quand nous n’en trouvons pas d’autre pour le remplacer. Et comme tout est impermanent, nous vivons dans la peur du moment où cela va cesser, nos satisfactions sont de courtes durées et laissent placent à la tristesse.

L’antidote au désir est le contentement. L’antidote à l’attachement est la générosité. Le contentement et la générosité vont nous amener à purifier le désir et de l’attachement.

 

Le monde des demi-dieux (Azuras) est celui où nous vivons quand nous sommes sous l’effet de la jalousie. Nous nous comparons et voulons obtenir ce que l’autre a. Nous sommes en compétition constante avec les Dieux et plus généralement tout ceux qui montre un quelconque prestige. Nous partons au combat pour les vaincre, les surpasser. Notre ambition n’a pour limites que celles de nos savoir-faire. Nous pouvons utiliser toutes nos compétences et toutes nos ressources à nous élever. Nous souffrons quand nous ne sommes pas dans l’élite, dans les dirigeants, dans les meilleurs. Nous souffrons de ne pas être le meilleur car alors nous sommes imparfaits à nos yeux. Nous souffrons de tout ce que les autres ont et que nous n’avons pas.

L’antidote à la jalousie est de se réjouir pour autrui. Se réjouir pour les autres va nous amener à sortir de la jalousie.

 

Le monde des Dieux est celui où nous vivons quand nous sommes sous l’effet de l’orgueil (la mythologie grecque le représente très bien). Nous sommes satisfaits de nous et de ce que nous vivons. Nous nous adonnons au plaisir des sens. Nous regardons les autres se démener dans leurs difficultés avec hauteur et nous sommes contents de ne pas être comme cela. Nous sommes meilleurs ou suffisamment différents pour nous éloigner de ce marasme. Nous nous complaisons dans notre bien-être sans chercher à semer aujourd’hui les graines pour une belle vie demain. Nous épuisons notre karma positif et quand il arrive à épuisement nous chutons. La chute est terrible car elle nous amène à renaître dans un de ces mondes que nous regardions avec dédain. Nous sommes alors hébétés, incapables d’agir pour nous sortir de nos nouvelles difficultés. Le monde des Dieux n’est pas enviable car nous y épuisons uniquement notre karma positif et renaitrons immanquablement dans des mondes de souffrance plus intense. C’est ainsi que nous complaire dans cette vie à cultiver uniquement le bien-être sans poser d’actions positives n’est agréable qu’à court terme.

L’antidote à l’orgueil est la réflexion sur la vieillesse et la mort, sur l’impermanence et le karma. Cette réflexion va nous amener à sortir de l’orgueil.

 

______________________

* Un nom repose sur 4 bases : une conscience (réunion des 6 consciences) pour expérimenter, un ressenti, une conceptualisation, des phénomènes composés. Il faut donc qu’il y ait émergence d’un phénomène composé (soumis à des causes et donc impermanent), une conscience pour l’expérimenter, un ressenti issue de cette expérience et une conceptualisation pour lui donner un nom.

**Un nouvel être est « l’assemblage » de cinq agrégats.

– l’agrégat de la forme correspond à la dimension physique : le corps, les cellules parentales et tous les phénomènes d’ordre physique. Cet agrégat comprend les quatre éléments fondamentaux (terre, eau, air, feu), leurs différents états et leurs dérivés. Les dérivés sont les appareils sensoriels (la vue, l’ouïe, l’odorat, l’olfaction, le toucher) et leur correspondance dans le monde (les formes visibles, les sons, les odeurs, les goûts, le contact des objets avec le corps) ainsi que les formes non révélées (pensées, idées). Le domaine entier de la matière (intérieure ou extérieure) est englobé dans cet agrégat de la matière.

Les quatre autres agrégats correspondent à l’esprit, au niveau au mental (esprit soumis aux perturbations).

– Les sensations : sensations corporelles ou mentales, agréables, désagréables ou neutres. Ces sensations sont de six catégories : celles issues du contact de la vue avec les objets visibles, de l’ouïe avec les sons, de l’odorat avec les odeurs, de l’olfaction avec les goûts, et l’organe mental avec les pensées.

– Les perceptions : représentations mentales ou perceptions ou notions (reconnaissance, identification et discernement des choses dont on fait l’expérience). L’agrégat des perceptions correspond à l’identification conceptuelle ou non conceptuelle des sensations de six catégories, de façon faible, étendue ou incommensurable. Il y a six sortes de perceptions correspondant aux six sortes de sensations et en relation avec nos six facultés sensorielles. Ce sont les perceptions qui reconnaissent les objets extérieurs ou mentaux.

– La volition ou formations karmiques (samskara) ou facteurs de composition : automatismes habituels de pensée avec sentiment, perception et action. Toutes les forces conditionnantes, les impulsions issues du karman passé qui nous poussent à fabriquer nos conditions karmiques actuelles et à venir. Cet agrégat comprend les formations mentales et les actions. Il y a en effet un lien entre les formations mentales (volontés ou volition) et les actions qui ont une influence karmique. C’est ce qu’on appelle les actes volitionnels. La volition est l’activité mentale qui dirige nos actes. Selon leur portée mauvaise, neutre ou bonne, l’action volitionnelle entraîne un bon ou mauvais karma. La volition a six formes, tout comme les six sensations et les six perceptions, cependant les sensations et les perceptions n’ont pas d’effet karmique. Seules les actions volitionnelles ont un effet karmique.

51 facteurs mentaux ou formations mentales ont été dénombrés :
                   5 facteurs omniprésents : sensation, perception, intention, contact et concentration de l’attention.
                   5 facteurs mentaux déterminants : aspiration, croyance, attention et mémoire, stabilisation, connaissance supérieure.
                11 facteurs mentaux positifs : confiance, honte de soi, respect humain, détachement, absence de haine, absence de confusion, effort joyeux, souplesse d’esprit, assiduité, équanimité, non-nocivité.
                 6 souillures mentales fondamentales : désir, aversion, orgueil, ignorance, doute, vue fausse.
                   20 souillures secondaires : colère, rancune, dissimulation, malveillance, jalousie, avarice, tromperie, malhonnêteté, infatuation, nocivité, absence de honte, absence de respect humain, léthargie, agitation, absence de confiance, paresse, indolence, oubli, distraction, absence d’introspection.
                  4 facteurs mentaux variables : regret, sommeil, examen, analyse.

– La conscience (6 consciences des sens) :  elle réunit les informations des 4 autres agrégats. C’est le « connaisseur » qui se place toujours dans la perspective dualiste d’un « connaisseur-sujet » qui prend conscience d’un « objet » et s’y relie. Cet agrégat comprend les états de la conscience qui ont pour origine les facultés sensorielles et l’organe mental (pensées) et pour objet les formes du monde physique (sons, odeurs, etc.). Par exemple, la conscience visuelle a pour origine l’œil et pour objet la forme visuelle. La conscience mentale a pour origine l’organe mental et pour objet l’idée ou la pensée. Il faut préciser que la conscience n’est pas une entité permanente, qui serait à l’opposé de la matière. Le bouddhisme montre qu’il n’y a pas de “soi”, la conscience a pour cause la condition à cause de laquelle elle prend naissance, elle n’a pas d’existence propre ou de “soi” permanent. Par exemple, ayant pour causes l’œil et une forme visible, se manifeste ou apparaît la conscience visuelle.

Dans la méditation, les cinq agrégats peuvent être un support, notamment comme antidote contre l’égo ou l’orgueil, en méditant sur le fait que nous ne sommes que constitués par ces cinq agrégats en mutation permanente.

*** La vraie nature des phénomènes composés est interdépendance (ils existent en réaction ou du fait (cause) d’autre phénomènes), impermanence (tout ce qui est construit sera détruit, ce qui naît mourra…) et vacuité (vide d’existence propre, séparé, fixe). L’impermanence est la nature transitoire de toute chose. La vacuité est la nature fondamentale en raison de l’interdépendance. En raison de leur nature vide, tous les phénomènes vont s’élever à cause de l’interdépendance et sont révélés par les 12 liens d’interdépendance.

 

 

Les vertus de l’inutilité

« En essayant de vous rendre utile, vous finirez par être instrumentalisé, parce que le monde ne peut laisser tranquille celui qui se rend nécessaire. Ne vous souciez pas des objectifs à caractère utilitaire. Vous n’êtes pas ici pour vous transformer en une utilité, cela manquerait de noblesse. Vous n’êtes pas ici pour devenir de plus en plus efficace. Soyez le dernier. Traversez la vie comme si vous n’existiez pas. Restez anonyme. Ne soyez pas compétitif. Ne cherchez pas à prouver votre valeur, ça ne sert à rien.  »
Inspiré par Osho

Restez inutile, et le monde cessera de vous utiliser, de tout utiliser. Restez inutile, laissez vivre, laissez être, et le monde cessera de vous instrumentaliser. Restez inutile, et le monde pourra s’inspirer de votre inutilité. Restez inutile, et le monde redeviendra un lieu où vous pourrez être, simplement être.

Christelle Hauteville-Chadorla
www.harmoniecroissance.fr

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