Ma sensibilité

Jusqu’à l’âge de 4 ans, je prenais le thé dans le jardin, seule… enfin pas vraiment. A Féternes, sur les hauteurs d’Evian-les Bains dans les montagnes de Haute-Savoie, je prenais mon écuelle verte, mélangeais terre et eau et jouais avec l’invisible, ce qui me procurait une grande joie. Un jour mon père m’a dit « Tu crois vraiment que tu sais faire ça ?  (communiquer avec l’invisible)» et a commencé à naitre en moi un sentiment d’usurpation. J’ai commencé à faire l’expérience des émotions négatives et avancé dans la vie en colère, frustrée de ne pas pouvoir être ce que je suis fondamentalement et ce que la plupart d’entre nous sommes : des êtres interdépendants, intuitifs, reliés à un tout, faisant partie d’un tout. J’ai fait le lien plus tard, à 47 ans, lors d’une méditation Vipassana (Vision pénétrante), entre cet interdit et une mémoire karmique. Une jeune femme de l’Himalaya s’était sacrifiée en croyant transmettre. Elle est morte vidée, épuisée. Comment cela avait pu advenir ? Là où elle aurait dû partir, elle est demeurée alors que le contexte n’était pas propice à la paix et à l’écoute.  En elle, s’étaient élevées 2 émotions perturbatrices, voilant ses belles qualités :  la naïveté avec l’illusion de bien-faire et l’orgueil avec le sentiment d’importance de la tâche à accomplir et la responsabilité personnelle en découlant. Emergea ensuite en elle les sentiments de ne pas réussir à faire ce pour quoi elle est faite, d’incapacité et d’usurpation. En libérant cette mémoire, ces sentiments ont disparu et depuis la liberté et la responsabilité, l’humilité et l’aptitude ont repris leurs places en moi.

Mais ma sensibilité au monde invisible n’était pas bloquée, juste voilée. Depuis toujours, je ressens les tendances karmiques des gens, à l’origine de leurs émotions, je les entends dans leurs mots. Ces tendances sont les mouvements, les impulsions dans l’esprit qui amènent à créer du karma négatif tels que la compétition, l’orgueil, la jalousie, l’avarice, la colère, la malveillance, l’opacité mentale… ou à créer du karma positif et compenser du karma négatif tels que l’amour, la compassion, le bienveillance, la gratitude, la générosité, l’altruisme, la patience, la vigilance, la concentration, l’ouverture, la clarté… Grâce aux enseignements du bouddhisme et particulièrement celui sur la Roue du Samsara (les mondes de renaissances), j’ai pu dissocier mes propres tendances de celles des autres et installer les bases d’une paix intérieure en me libérant de mes tendances négatives et en créant de nouvelles façons d’être pour semer les conditions propices de demain. J’ai jardiné mon âme, jour après jour, et je me suis transformée. J’ai ainsi appris à purifier le plan karmique, d’où mon activité de karmathérapeute.

En même temps, et depuis toujours, j’ai une vue de l’illimité, ce qui m’a poussée à toujours chercher d’autres enseignements, d’autres voies pour apprendre, faire l’expérience. Je suis une exploratrice. Désormais, j’ai la chance d’explorer d’autres mondes spirituels grâce à mes clients qui m’emmènent dans leurs univers. Je n’ai de cesse d’agrandir mon champ perceptuel pour accueillir le plus possible ce qui est, pour autoriser l’autre à être ce qu’il est et cela jusqu’à des plans subtils karmiques et spirituels. C’est pourquoi j’accompagne les personnes pour reconnecter leur Conscience supérieure et guide les défunts vers leur libération ou une renaissance bénéfique. Et peut-être aussi, comme dans mon enfance, grâce à la reliance  à l’invisible…

2019-05-01T22:00:48+00:00