Jardiner son âme

Regardons notre vie comme notre jardin.

D’abord, regardons l’aspect général : le trouvons-nous joli ? Sommes-nous heureux de nous y promener ? Avons-nous déjà vu ailleurs des jardins dans lesquels nous aurions aimé nous asseoir, nous poser, vivre ? Notre jardin, tel qu’il est aujourd’hui, est-il achevé ? Ou bien pouvons-nous le compléter, l’embellir, le magnifier ? Nous pouvons le laisser aux mains de la nature, le vent, la pluie et le soleil se chargeant d’y faire pousser des plantes sauvages et des mauvaises herbes qui finissent par tout envahir. Ou nous pouvons y cultiver les plantes et les légumes que nous aimons, supprimer les mauvaises herbes, le protéger des orages et l’arroser. Il en est de même pour notre âme. Nous pouvons laisser les perturbations et les émotions négatives envahir notre espace, nourries par nos tendances habituelles comme la colère, la jalousie et la peur, quitte à ne plus rien maîtriser et laisser ces tendances dominer notre vie. Ou nous pouvons regarder comment notre nature fonctionne, comment les perturbations, les émotions négatives émergent dans notre âme et comment nous pouvons les arrêter et les déraciner pour faire grandir notre bonheur.

Si nous décidons de redevenir le capitaine de notre âme, nous allons observer notre terrain, comme le ferait le jardinier : est-il rocailleux, suffisamment irrigué ? Y pousse-t-il des mauvaises herbes, et si oui, lesquelles ? Quel type de plantes pourrions-nous y cultiver ? Et surtout, quel jardin souhaiterions-nous obtenir ? Une fois un état des lieux réalisé, nous allons revoir nos fondamentaux, apprendre les techniques qui nous manquent, chercher les graines souhaitées et les désherbants qui ne nuiront pas à nos nouvelles plantes. Nous regarderons chaque jour le temps qu’il fait et l’état de notre jardin, pour lui apporter les meilleurs soins en fonction des événements climatiques.

Pour notre âme, faisons de même. De quoi est-elle faite ? Quelles sont les perturbations à déraciner ? Que reproduisons-nous encore qui nous rend malheureux ? Quelles forces et qualités planter et faire croître ? Que développer pour être heureux ?

En faisant l’état des lieux de mon âme, j’ai vu des pensées de colère qui déformaient la réalité et me rendaient de plus en plus malheureuse.
J’ai compris que ma vérité n’était pas la Vérité et qu’il y avait plusieurs vérités.
J’ai vu le modèle du monde dans lequel j’évoluais et j’ai décidé de m’ouvrir à d’autres mondes.
Alors j’ai changé ma vie en changeant mes pensées.
J’ai bien sûr rencontré des obstacles, mais si jen’avais rien tenté, ils auraient été plus forts et seraient encore là.
Je me suis appuyée sur mes forces et mes qualités pour dépasser ces obstacles et cheminer vers le bonheur. Je les ai développées.
Je suis allée chercher de nouvelles connaissances qui m’ont donné les clés d’accès à de nouveaux mondes.
J’ai réalisé que croire en mon bonheur était primordial, la condition même du bonheur.
Grâce à tout ce cheminement, ma vie maintenant n’est plus celle d’avant, je suis désormais heureuse.
Pourquoi suis-je heureuse ? Parce que j’ai arrêté d’avoir mal.
Les choses n’ont pas changé, c’est moi qui ai changé.
J’ai jardiné mon âme, jour après jour, et j’ai changé ma vie ».

Extrait du livre « Le bonheur d’avoir tort », Christelle Hauteville-Chadorla

2019-07-25T21:43:32+00:00