EXEMPLE DE LIBERATION KARMIQUE : Sensation de disparaître, d’être happée // Perte du don et du sens de l’autre

Nicole vient me consulter car il lui est insupportable de rester en groupe longtemps. Elle se sent happée, absorbée.  Dans un groupe connu ou non, elle se voit disparaître, physiquement mais également son « Moi ». Nicole décrira d’autres symptômes comme la colère, l’énervement, des parents avec des difficultés à gérer l’argent notamment. La libération karmique montre tout un enchainement de karmas et de tendances menant à cette sensation insupportable de disparaître. A l’origine ? La perte de la générosité, du sens de l’autre et du don. Mais suivons la régression dans les mémoires des vies antérieures dans l’ordre décroissant.

Tout d’abord Nicole remonte dans son enfance, à la séparation de ses parents et son sentiment d’être absorbée par sa mère qui en aura la garde. Puis Nicole remonte dans les mémoires des vies antérieures. Elle se voit notamment au bord d’une rivière, près d’un pont, happée par une spirale de vent, d’énergie. Nous remontons plus loin, et elle se voit dans une belle demeure, riche mais privée de liberté, empêchée de vivre par sa famille, par son milieu. Plus avant, elle se voit sur un marché volant des bijoux. En avait-elle besoin ? Non, mais la tentation est trop forte, elle se sert, happe, s’approprie ce qui est sur les étals.  Je comprends ici qu’une qualité fondamentale de l’esprit a été perdue : la générosité, liée à l’abondance. Nous remontons plus loin, et nous orientons  là où tout est bien, quand soudain un événement survient qui lui fait perdre l’abondance (état naturel au-delà de la souffrance) pour sombrer dans le désir de posséder. Et elle se voit jeune femme, dans un monde d’abondance, lumineux, paisible. Elle vient de cueillir des fruits. Un jeune homme s’approche et lui demande si elle peut lui donner des fruits. Elle dit non. Je lui demande pourquoi ce non. « Il n’a qu’à aller s’en chercher, il y en a partout », me répond-elle. Nous sommes là au cœur de la création d’une tendance générant du karma négatif. Voyez-vous pourquoi ? Parce que Nicole est dans un monde d’abondance, les fruits sont à disposition, sans limite. Malgré cela elle décide de ne pas donner, alors que rien ne le justifie. Pour lui faire prendre conscience de la création de cette tendance, j’entame un dialogue avec elle :

Karmathérapeute (K) : – Allez-vous manquer si vous lui donnez ?
Nicole (N) : – Non, il y en a partout dans la nature.
K : – Qu’est-ce qui vous empêche de donner alors ?
N : – Je ne sais pas, ce sont les miens, je les ai cueillis.
K : – Avec ce que vous savez maintenant, que feriez-vous de différent ?
N : – Je lui donnerai une partie des fruits.
K : – Voulez-vous le faire maintenant ?
N : – Oui.
K : – Qu’est-ce que cela change (après un temps d’attente pour laisser Nicole donner)
N : – Je me sens bien, je suis même heureuse de lui donner. Je sais que donner est la bonne chose à faire. Je suis plus légère…

Après un accompagnement pour conscientiser au maximum les extrêmes du don et de l’absence de don, de l’égoïsme et du sens de l’autre, de la générosité et de l’avarice, nous faisons le chemin à l’envers, en remontant les vies antérieures précédemment traversées pour vérifier la portée des changements et la dissolution de cette lignée karmique. Elle revient sur le marché et n’a plus envie de voler, mais fabrique ses propres bijoux. Elle revient dans sa famille riche, dans sa grande demeure, et s’y trouve plus heureuse, plus en lien avec ses proches. Elle revient au bord du pont, et n’a plus le sentiment d’être happée. Elle revient dans cette vie, revoit sa mère au moment du divorce et se sent exister. Elle revient dans une soirée avec ses amis, et se sent le droit d’être là, sans disparaître, sans être happée.

Je reverrai Nicole deux semaines après cette libération karmique. La sensation de disparaître, d’être happée n’est pas revenue, elle a disparu. Elle travaillera sur un autre aspect du manque de générosité, notamment lié à son père. Elle devra désormais, de son côté, mettre en pratique le don, le sens de l’autre pour que ces tendances bénéfiques reprennent leur place dans son esprit. Cela fait partie de l’autre aspect de la karmathérapie, celui de développer les qualités transcendantes, les qualités menant à sortir de la souffrance. Ce sont des qualités naturelles de l’esprit que nous avons réduites sous l’effet des tendances négatives. Nicole a perdu le sens de l’autre quand elle a laissé grandir le sens de soi et de l’importance de soi. Tout un enchainement de rétributions karmiques liées au chérissement de soi et à l’égoïsme  s’est mis en place, entrainant chez elle un sentiment de disparaître, d’être happée.

L’exemple de Nicole illustre parfaitement ce que sont les tendances négatives et les conséquences qu’elles peuvent générer dans notre vie. Notre esprit peut facilement oublier d’appliquer certaines qualités dites spirituelles comme la générosité, l’altruisme, la joie pour autrui, le contentement, la patience… Toutes les spiritualités enseignent ces qualités et nous invitent à les appliquer dans notre vie. Nous le faisons peu, et laissons les tendances d’égoïsme, d’orgueil, de manque de générosité, de colère, d’impatience, d’insatisfaction… prendre le dessus et nous dicter notre conduite. Ces tendances nous conduisent dans nos situations insatisfaisantes, notre mal-être actuel. En transformant ces tendances, nous transformons le terrain de notre vie, le jardin de notre âme, la base de notre esprit. Nous réduisons nos souffrances et développons des qualités spirituelles.

Christelle Hauteville-Chadorla
Karmathérapeute
www.harmoniecroissance.com

2018-05-06T14:25:07+00:00