Connaissances, sagesses, croyances : sérieusement ?

Dans mon travail, j’érige le sérieux en valeur forte. Mais malgré tous mes efforts de cohérence et de recherches philosophiques « profondes » et vérifiées, comment savoir si mes découvertes, réalisations, connaissances relèvent de la sagesse, d’illusions ou encore de croyances ? Ma réalité est-elle illusion ou vérité ? Y a -t-il des réalités plus vraies que les autres ? La raison est-elle une garantie de sérieux ou une limite à la sagesse ?
S’il est acquis pour moi qu’il n’y a pas une vérité, mais autant de réalités que de personnes, je vois que nous érigeons ces réalités en vérité bien souvent, inconsciemment, et cela du fait de nos croyances non conscientisées. Croire que ce que je vis est la seule vérité possible ou croire que ce que je vis relève d’une expérience individuelle basée sur un rapport au monde personnel, influencé par nos croyances, nos limites sensorielles, notre champ de connaissances… cela relève de notre niveau de conscience.
A priori, plus une personne est consciente, plus elle observe la multitude des réalités possibles et choisit d’influencer sa réalité, dans la mesure des possibilités. Pour les autres, ils chercheront des vérités auxquelles s’accrocher car l’incertitude d’un monde multiple leur est insupportable.
Pourtant, nous créons tous ce que nous croyons. La loi de la relativité, dont une des déclinaisons est que toute chose observée est influencée par l’observateur, influence en permanence notre conception du monde, notre perception des situations, des relations, des rapports à l’oeuvre… et donc les choix que nous ferons et les orientations que nous prendrons.
Chacun d’ente nous créé sa réalité. Chacun d’entre nous a son propre mode de perception qui altère et forme sa compréhension du monde. Nous avons tous un rapport au monde différent. Est-ce un problème ? Devrait-il y avoir un bon rapport au monde, partagé par tous ? Certes non, malgré que certains voudraient nous l’imposer, sinon nous ne respecterions déjà plus les cultures et les opinions de chacun.
Pour moi la seule interrogation utile ici est comment éviter de nous égarer sur des chemins de souffrances, de nous perdre dans des illusions menant à vivre des expériences limitantes, limitées, qui nient notre liberté fondamentale. Chaque expérience laisse des traces. Quelles seront les conséquences de ces traces ? Pour nous, pour le monde ? Sommes-nous conscients de ce que nous faisons en continuant à vivre nos expériences telles que nous les vivons ?
Qu’est-ce qui relève chez chacun d’entre nous des illusions, croyances, perceptions, connaissances, sagesses ? Quel niveau de conscience avons-nous pour faire la différence et voir tout cela en permanence à l’oeuvre en nous ? A quoi consacrons-nous notre vie : poursuivre ou voir nos illusions, valider ou invalider nos croyances, être soumis à ou agrandir notre champ perceptuel, ériger nos connaissances en vérité ou les confronter à notre réalité et celles des autres pour les rendre souples et multiples, chercher une voie de sagesse pour aller au-delà des souffrances ou demeurer dans notre réalité limitée et reproduire notre monde malgré toutes ses imperfections ?
Bonne réflexion.
Christelle Hauteville-Chadorla
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*Quelques définitions à trouver sur https://la-philosophie.com/connaissance-definition-philosophie

2019-11-27T16:50:54+00:00